Célimare le bien-aimé [Saison 2008-2009]

Commentaire du metteur en scène.

Si l’on ne devait retenir du théâtre de Labiche que 3 ou 4 pièces, Célimare serait certainement du nombre. Un chapeau de paille d’Italie, pour révéler toute sa puissance comique, a besoin de la représentation. Célimare peut s’en passer. Savoureux à la lecture, on rit tout seul presque de la première à la dernière scène. Les naïvetés des 2 maris, victimes de l’ancien séducteur, les mensonges extravagants improvisés par ce dernier, la sottise de ses beaux-parents, tout cela forme, avec le contrepoint confié au traditionnel domestique, un imbroglio parfait, sans une réplique inutile. Le dénouement, qui est parfois négligé chez Labiche, est au contraire ici à la fois net et nécessaire. Après l’imagination qui a mené l’intrigue au pas de course, c’est la sagesse d’un moraliste amer qui se charge de conclure.

Théâtre du Palais-Royal, 27 février 1863.


… Mais derrière les mots, quelle cruauté inconsciente et quelle veulerie habitent ces personnages mus par le mensonge, le profit, l’argent… !!!
Labiche, en un dosage de bouffonnerie et de comédie de mœurs plus ou moins tempérée, montre que sous les saillies les plus folles se cachent toujours un peu de bon sens et de vérité.

Au-delà de ces considérations, Célimare me fait penser davantage à Benny Hill plutôt qu’à Eugène Scribe, à qui on l’a parfois comparé, ou autre littéraire de cette époque.
Peut-être aussi à un certain Sacha Guitry ! quoique…, ou à Feydeau.

Comme d’habitude, Labiche prévoit quelques couplets "façon Offenbach" et autres compositeurs légers.
Souhaitant situer l’action dans les années 30, j’ai choisi un musicien qui s’est éclaté à cette époque, à savoir : Ray Ventura, orchestre du Splendid avant la lettre, et qui aujourd’hui hante les stations radio "rétros" et autres génériques T.V. Et, bien sûr, de traiter – ou maltraiter – un peu les paroles originales des chansons de Labiche en les adaptant au rythme "jazzy" de Ventura. Ce même Ventura a aussi parfois joué – en les transformant légèrement – certaines mélodies de Franz Lehar et Georges Gershwin, notamment.
Je compte bien m’en souvenir.

Le décor sera plutôt "façon BD"…, mais il est trop tôt pour en dire davantage…

- Pierre Fox -