Les grandes occasions [Saison 2008-2009]

Commentaire du metteur en scène.

Ce qui m’a séduit dans la pièce de Bernard Slade, c’est le plaisir de mettre en scène une tranche de vie américaine, ce que je n’ai jamais fait en 35 ans de métier. En effet, je suis passé par les grands classiques italiens, français et anglais, mais aussi par le théâtre politique contemporain pur et dur (avec notamment tous les Dario Fo) mais jamais par un texte américain. La proposition d’Yves Larec m’a donc séduit. Le sujet également : l’histoire des 2 personnages principaux, Emilie et Antoine, ainsi que tous les autres qui apparaissent grâce à eux. Le spectateur n’en finira pas de découvrir ce couple et ceux qui les environnent ou les ont environnés. Mais l’économie de personnages (car ils ne sont que 2 sur scène) devrait être largement compensée par le talent des 2 acteurs, puisqu’il s’agit de Patricia Houyoux et de Jean-Claude Frison.

Surprenante également la profusion des différents lieux qui se succèderont : appartements, plage, théâtre, hôpital, église, … créés par mon complice Thierry Bosquet.

Cette pièce qui repose sur un savant dosage de réalisme psychologique et d’humour anglo-saxon, devrait nous donner une belle comédie aigre-douce, ou plutôt, comme disait Pirandello, "un drame caché dans une comédie".

C’est l’histoire d’un couple de la petite bourgeoisie américaine, qui s’étend sur une dizaine d’années, de 1970 à 1980, entre Los Angeles et New-York.

Elle, Emilie, lui, Antoine, auteur de pièces de théâtre, trois enfants : deux filles et un garçon.

La pièce débute par la fête de leur quinzième anniversaire de mariage, mais cette réception n’est qu’une façade pour les enfants et les amis.

Au cours des 10 années qui vont suivre, ils se rencontreront lors des grandes occasions de la vie : mort de la mère d’Antoine, fête du lycée de leur fils, à Noël, jusqu’au mariage d’Emilie.

Alors que tout semblait aller pour le mieux pour chacun, ils se retrouvent un jour à l’hôpital, au chevet de leur fils qui a subi un grave accident de voiture.

Au début de 1980, c’est le mariage de leur fille qui les réunit à nouveau.

Le temps a passé et ils peuvent enfin se parler sans passion et s’avouer que… (la suite sur scène…).

- Toni Cecchinato -