Garbo n'a plus le sourire [Saison 2009-2010]

Commentaire du metteur en scène.

Je voudrais tout d’abord remercier le Magasin d’Ecriture Théâtrale qui fait un remarquable travail de sélection et de diffusion de textes et plus particulièrement son directeur-fondateur, Jean-Claude Idée qui, à plusieurs reprises, m’a offert de réaliser des mises en espace de pièces inédites. Ce fut le cas, en 2007-2008, avec Garbo n’a plus le sourire.

Il n’est pas évident de réaliser pour le théâtre, mais là, une véritable osmose s’est opérée entre le texte, la première approche de mise en scène que j’y ai apportée et les acteurs que j’avais sollicités et qui ont accepté de participer à cette lecture. Ils seront d’ailleurs les mêmes pour les représentations, à une exception près :

- Claire Tefnin, qui sera Jeanne, la jeune ouvreuse du Cinéma Pathé-Palace,

- Michel Kacenelenbogen, Louis, son collègue projectionniste,

- Jean-Marc Delhausse, le gérant de ce même cinéma,

- et Steve Driesen, enfin, qui jouera Andreas, un jeune officier allemand.

Cette lecture séduisit aussi Yves Larec, qui me proposa de monter la pièce cette saison. Je le remercie vivement pour la confiance qu’il me témoigne ainsi.

Vinciane, l’auteure, présente sa pièce :
Eté 1944, une cabine de projection. Quelques mois avant la Libération de Bruxelles, Louis, projectionniste au Pathé Palace, rencontre une jeune ouvreuse dans ce même cinéma.
La guerre, l’occupation et les bombardements font partie de la vie quotidienne de Jeanne mais ne l’empêchent pas de cultiver son rêve d’être actrice.
Louis, taciturne, amer, dissimule un lourd secret.
Comment ces deux êtres, que tout oppose, vont-ils réussir à s’apprivoiser ? En jouant à cache-cache avec leurs vies fragiles, ils se dévoilent et se confrontent.
Un voyage initiatique avec, à la clef, la liberté pour Louis et la fin de l’insouciance pour Jeanne ?

Le lieu unique où se déroule la pièce est magique : un cinéma !
Endroit idéal pour rendre compte de la folie du monde par le biais de projections de films, mythiques bien entendu, mais aussi d’actualités de l’époque.
Et cette partie filmée sera le cinquième acteur à part entière de ce spectacle. Nous verrons ainsi comment Louis survit en silence à l’enfermement grâce à l’imaginaire et au fantasme ; comment il projette son désir de liberté et d’amour sur Jeanne et ce qu’elle peut vivre, elle, hors de cette cabine de projection.
Jeanne, sa seule bulle d’oxygène, sa seule connexion au monde libre, Jeanne qui rêve de devenir actrice, de jouer au Théâtre Royal du Parc (!), de porter des bas à couture et du rouge à lèvres ; Jeanne qui évoluera sur l’écran noir de ses nuits blanches, telle une héroïne, à l’époque du jazz, musique libératoire s’il en est !
Cette musique et le glamour des années 50 seront donc omniprésents sur le plateau, en contrepoint des réalités sordides de l’Occupation.

-Véronique Biefnot-