Autant en emporte l'argent [Saison 2010-2011]

Commentaire du metteur en scène.

David O. Selznick fut, à bien des égards, un homme extraordinaire, l’une des légendes
d’ Hollywood.
La manière dont il a dirigé la production et organisé le tournage d’Autant en emporte le vent, est mémorable.

Après trois ans de préparation et quinze jours de tournage, il a déchiré le scénario et congédié le réalisateur, son ami George Cukor.
Il a maintenu toutes les équipes en stand by, ce qui lui coûtait une fortune chaque jour.
Il a fait venir de New York un nouveau scénariste, Ben Hecht, et engagé un nouveau réalisateur, Victor Fleming, qui achevait Le magicien d’Oz.

Enfermés tous trois dans le bureau de Selznick durant huit jours, ils vont réécrire et inventer l’Autant en emporte le vent que nous connaissons. Le problème est que le scénariste n’avait jamais lu le livre ! Qu’importe, Selznick et Fleming vont lui raconter l’histoire en jouant tous les rôles.
C’est à ces huit jours de délire que la pièce de Ron Hutchinson nous invite. Si loufoques et extravagants qu’ils paraissent, tous les faits sont vrais.
Huit jours plus tard, le tournage du film mythique reprenait.

C’est sans aucun doute une des pièces les plus drôles que j’ai lue depuis longtemps.
C’est aussi un grand hymne d’amour au cinéma et à ce métier méconnu : la production.

L’occasion de trois grands rôles pour des monstres en folie (Jean-Claude Frison, Jean-Marie Pétiniot et Michel Poncelet), assistés par une secrétaire dévouée qui les nourrit uniquement de cacahuètes et de bananes (Patricia Houyoux), avec en arrière-fond les musiques et les images sublimes d’Autant en emporte le vent.


- Jean-Claude Idée -