Le maître des illusions [Saison 2012-2013]

Commentaire du metteur en scène.

J'aimerais vous parler d'un mystérieux objet scénique, étrange spectacle qui va se dévoiler à vous en novembre 2012. Cet objet, qui se nomme « Le Maître des illusions », fuit dès que je tente de le définir ; il semble se cacher dans des recoins de l'opéra, passer dans des loges de théâtre, se réfugier dans des livres de magiciens, attraper au vol quelques rythmes de comédie musicale, avant de se diriger vers la scène du Théâtre du Parc. C'est là, dit-on, qu'il sera incarné par de surprenants artistes - des José van Dam, des Pierre Dherte ou encore des Anouchka Vingtier - transformés eux-aussi pour passer outre leurs domaines connus, vers des contrées nouvelles (du théâtre pour J. van Dam, du chant pour P. Dherte, de la magie pour tous).

"Le Maître des illusions" cache en lui maints secrets. Il y a déjà celui qui va permettre à la voix chantée, la voix parlée et à la magie de se rencontrer. Si la voix chantée, dans les rites magiques antiques, tient une place d'honneur à laquelle nous nous sommes intéressés, elle aura aussi comme fonction, dans notre spectacle, de créer un monde à part : la voix de l'illusion ? La voix parlée (celle de l'énigmatique Alice, interprétée par Anouchka Vingtier), viendra se confronter à la voix chantée... révélant un autre monde, d'illusions lui aussi ?

Autre secret : celle d'une absente. L'énigme du "Maître des illusions" tourne autour de la disparition d'une femme, épouse d'un grand Maître de la magie (José van Dam) et mère d'un jeune homme, Fantin (Pierre Dherte). Le père se voue à renouer contact avec sa femme tandis que le fils, soutenu par sa propre femme Marguerite (Pascale Vyvère), se bat pour obtenir le secret lié à cette disparition. Autour de cette absence lutteront des forces familiales, dans une querelle de magiciens dont les tours recèlent les questions de transmission, d'amour paternel et conjugal, et de la quête de l'absolu.

"Le Maître des illusions", par le biais de son personnage Munch (interprété par Benoît Van Dorslaer) semble frôler aussi les secrets de l'inconscient. Du moins les questionne-t-il. Dans ce temple de l'illusion, qu'est-ce qui est conscient, qu'est-ce qui est inconscient ? Mais aussi, et surtout, qu'est-ce qui est illusion, et qu'est-ce qui peut être de l'ordre du réel ? L'étrange équilibre ou déséquilibre entre ces ordres fait partie du secret inhérent à la pièce.

Si je ne peux vous révéler tous les mystères de ce "Maître des illusions", je peux en revanche vous en divulguer les sources, qui se résument en une étroite collaboration entre des concepteurs issus d'horizons bien divers. La volonté de ce projet et sa concrétisation par l'écriture, nous les devons à Thierry Debroux, qui a voulu rassembler sur une même scène et dans une même production des interprètes d'exception (quel bonheur de pouvoir travailler avec José van Dam) et des artistes aux modes d'expression contrastés. Il s'est accompagné pour cela de Pierre Dherte, comédien et concepteur des tours de magie, mais aussi de Pascal Charpentier, compositeur. C'est à Thierry que je dois l'invitation de mettre en scène ce projet fascinant et audacieux, qui rejoint, tout à fait par hasard, mon intérêt pour les projets multidisciplinaires, pour la musique et... la magie. Enfin, j'aurai l'honneur d'avoir à mes côtés Jim Clayburgh, scénographe et éclairagiste, et Lionel Lesire, costumier.

Je m'arrête là, je vous en ai trop dit… Sybille WILSON.